Monter son chauffage central n’est pas encore de pratique courante...
La preuve : on ne trouve pas des chaudières dans toutes les grandes surfaces de bricolage. Encore moins des tubes en P.E.R. (polyéthylène réticulé) conditionnés en couronnes, donc en grande longueur; ils sont en vente au mètre, pour des installations d’eau sanitaire. A ma connaissance, il n’y a que le magasin Brico Dépôt qui propose de tels articles au grand public, ainsi que tous les accessoires indispensables au montage du chauffage central.
N’allez pas croire que j’ai un intérêt quelconque dans les affaires de Brico Dépôt (qui est une créature de Castorama, paraît-il). J’ai écrit ce petit guide en toute indépendance.
Les tubes en PER
Parlons de ces tubes en polyéthylène réticulé, terme désignant l'ensemble des polymeres de l'ethylene. Avec le PVC, c'est l'une des plus grandes productions de matière plastique. Il est surtout utilisé sous forme de films plastiques et de tubes (alimentation en eau potable par ex.). Symb. : PE. Ces tubes – disons «en plastique», pour faire court – ont mis l’installation du chauffage central à la portée du bricoleur le plus ordinaire, puisqu’elle se fait pratiquement sans soudure, donc sans matériel ni savoir-faire particuliers, qu’elle demande bien moins de temps qu’une installation en tubes de cuivre et qu’elle coûte bien moins cher. Consultez le coût détaillé de mon installation.
En prime, les tubes en PER. sont insensibles au calcaire, étrangers aux bruits d’écoulement et sont donnés pour durer un siècle. Et comme ils sont gainés, en cas de fuite, on peut retirer le tube de sa gaine (même enfermée dans le ciment d’un mur) puis enfiler un tube neuf en remplacement. D’ailleurs, les risques de fuite sont faibles puisqu’il n’y a pas de raccord entre la chaudière et le radiateur.
Comment expliquer que le chauffage central – qui est tout de même le roi des chauffages ! – n’ait pas encore toute sa place dans le monde en pleine expansion du bricolage ? Il n’y a pas d’autre raison, semble-t-il, que l’image de technicité qui reste attachée à cet équipement. Il paraît complexe, délicat, voire dangereux avec son eau chaude sous pression.
La technique s'est simplifiée
Pourtant, la technique s’est formidablement simplifiée en une vingtaine d’années. Autrefois l’eau circulait grâce à l’effet appelé «thermosiphon». Chaude, donc plus légère, elle montait dans la tuyauterie. Refroidie, donc alourdie, elle redescendait. Il fallait calculer minutieusement la pente et, comme l’eau circulait lentement, les tuyaux avaient besoin d’être gros, trop gros pour être en cuivre, ils étaient donc en fer, or le fer est beaucoup plus difficile à travailler. Aujourd’hui, l’eau circule sous l’impulsion d’un circulateur, souvent appelé «accélérateur». Elle n’a plus besoin de pente et va beaucoup plus vite, dans des tuyaux en cuivre ou en P.E.R.
Autre exemple de simplification technique : le vase d’expansion, élément destiné à absorber l’augmentation du volume d’eau après une élévation de température, qu’il fallait autrefois installer au point le plus haut de la maison, dans les combles, avec un trop-plein se déversant sur la toiture. Aujourd’hui, dans les petites chaudières murales, il est tout simplement intégré, on l’achète avec la chaudière sans s’en rendre compte ! C’est d’ailleurs aussi le cas du circulateur.
L’essentiel de votre travail sera donc la gestion de ces fameux tubes rouges et bleus en «plastique». Ils ne sont pas toujours faciles à manier. Ça prouve qu’ils ont du caractère ! Avec ce CD, vous apprendrez à les plier à vos désirs – c’est à dire à votre projet.
Que demander de plus ? Ça ressemble à un produit miracle. En tout cas à une mutation technologique. Les plombiers classiques amoureux de leur art trouvent forcément à “redire”. L’un d’entre eux a prétendu devant moi (j’avais des problèmes de fuites) qu’il y avait des “fuites microscopiques” dans le PER. – des fuites indécelables ! Des fuites d’un troisième type, en quelque sorte ! La seule critique recevable, c’est que ce n’est pas beau. Sauf à aimer l’esthétique clinquante du Centre Georges Pompidou, ce rouge et ce bleu industriels ne trouvent pas facilement leur place dans le salon Empire – ou même avec le canapé IKEA. Mais il suffit de les cacher, ces tubes trop voyants, et c’est chose assez facile. Il faut seulement un peu d’astuce.